Après le premier tour...

Publié le par poeteludo

Violence verbale d’une élection solitaire,
Journal des humeurs, proportionnel au sondage,
Engagement prit des partis en convalescence héréditaire
Dépouillement pur et dur de conviction unanime.

Je regarde le journal et écris sur ma télé,
Une coupe de champagne à six euros, un coup de bêche,
Le lendemain matin, tout le monde fume au café,
A gauche à droite que l’on soit fumeur ou non-fumeur !

Il y a un point d’interrogation, celui du centre décentré,
Je jette l’œil au résultat du sud : Alpes Maritimes NC,
Non-communiqué, nous contrôlons votre vote, veuillez patienter,
En Meurthe et Moselle Sarkozy devance de peu Ségolène Royale !

Je cherche l’île de France, mais elle est submergée par la montée des eaux :
Vote encore non-communiqué, la haine humilie mon amour,
Mon café est froid, je le bois quand même avec espoir,
Je rassemble mon courage et porte un drapeau voilé !

Je métisse encore plus mon humanisme ascendant
Et monsieur Le Pen qui dans sa chute se reconvertit en femme,
Ma révolte est plus douce en surface éclairée
Mais plus profonde et plus sombre dans mon intérieur.

Je pense au Soudan qui saigne sa vie pour la nôtre,
La Tchétchénie qui n’a pas encore reçu de légion pour se défendre,
Ni de légion d’honneur pour honorer son peuple,
Je vois aussi les Chrétiens morts étrangler en Turquie !

Entrez ! Entrez dans l’union Européenne, rapprochons nous,
La mer monte entre nous, la température s’élève,
Construisons l’Europe sous le dépouillement de nos bulletins réversibles,
L’abstention Iraquienne à l’élection de l’humanité guerrière m’inquiète !

Le soldat américain construit un mur pour séparer les Chiites et les Sunnites,
Les Califes et Ali prendront t’ils les armes ensemble ou contre eux ?
Mais allons-y, bâtissons des murs entre les soldats et leur famille !
Des murs, oui, mais pour des hôpitaux de Kaboul, de Manathan !

Les murs sont protecteurs, boucliers sinon ce sont des remparts,
Ce sont nos sexes qui votent, nos sexes occidentaux,
Nos sexes endettés, nos sexes uniformes, nos sexes guerriers, 
Je pense à Yacine, quatorze ans, ce lycéen révolté de Montpellier,

Je pense à moi treize ans plus tôt, découvrant la poésie,
Au lycée du snobisme précaire c’était la lutte contre le CPE,
Je m’arrache de la nature humaine pour toujours me révolter
Être insoumis comme l’âne seul dont on se moque dans le jardin !

Je vais sortir du café voir les SDF travailler,
Il pue ce monde de merde, c’est une porcherie !
Que l’on mange du porc ou non, que l’on mouille ou que l’on bande
On n’utilise pas le fruit des récoltes vendangées de l’amour !

On le met en bouteille et on le laisse vieillir en cave,
Il n’y a pas de femme femme, ni d’homme homme,
La conviction merde ! Non d’un Dieu la conviction !
Je porte la main de Fatima à mon cœur depuis ma naissance !

Je vide mes ordures comme tout le monde au secret politique
Esquisse un filet très étroit de Marxisme féminisé,
Je me dis qu’il faut toujours vivre la lutte de l’insoumission
Alter mondialiste de l’avenir qui germe en nous par nécessité

À contre-poids se balance l’inquisition capitalistique,
La valeur humaine pleure dans les urnes antidémocratiques,
Le suffrage est indirectement détourné de son universalité,
Le système de pertes et profits ne profite jamais à ceux qui perdent !

Qui puisse gravir les marches de la vie la plus haut possible,
Les yeux ouverts vers le haut et la main tendue vers le bas,
La loi fidèle gardienne de l’humanité se tient dans cette vérité,
J’accuse les hommes de se donner des noms de rue, de place, de musée,

De donner des noms d’hommes qui ne sont pas encore mort à des lieux vivants,
Car seul la mort laisse apparaître son phare sur les tombes,
Aucun lampadaire des rues ne possède la lumière parfaite,
Aucune rue ne s’éclaire par la satisfaction du vote incohérent !

Au fur et à mesure que j’écris ces lignes, des flashs
Frappent ma tête, des vraies lumières toilées,
Je revois ces petits Marocains à l’arrière des Souks de Marrakech
Souder le fer, le rendre lumineux par la fusion humaine,

Je les vois se brûler les yeux pour que vous vous éblouissiez !
Oui je les ai vus pendant la visite, la seule que j’ai fait !
Je pense encore à mon arrivée au Brésil, à Rio,
Le car traversa toute la zone nord, les favelas !

Un aussi beau nom, une consonance poétique parfaite
Pour une pauvreté aux silences sanguinaires,
Une pauvreté touristique car la visite de celle-ci existe !
J’ai mal, je brûle de douleur et ne possède que l’arme atomique des mots !

J’entends l’Iran d’un écho égalitaire réclamant la circonstance nucléaire !
Renonçons tous occidentaux à concurrencer cette maîtrise de la guerre
Et le dictateur Iranien se retrouvera bien isolé idéologiquement,
Abandonnons l’arme nucléaire et proposons lui nos bras contre son esprit !

Allions nos servitudes au marché des servitudes,
La force de l’un est la faiblesse de l’autre,
La révolte passera par le « traité de non violence » :
Gandhi élève sa voix au chant de l’aurore Asiatique !

Gandhi est ce silence qui rapproche la parole des frères,
Je vois le vote électronique, la file d’attente,
Le progrès accordant les valeurs humaines mondiales,
Le progrès enraciné dans le développement durable

L’économie circulaire apparentée à cette famille,
Alter mondialiste, ce mot est très tendance puisqu’il faut l’être !
C’est un pour cent de chance, d’avenir c’est être équitable
Tout le monde est là et se succède, mais que reste-t’il ?

Après le beau temps vient la pluie,
La colère irrigue les terres, les hommes se serrent les poings
Mais les fleurs étendent leur racine entre nos doigts
Et la couleur tisse sa différence, le noir s’éclaircit !

Et je rêve encore de voir les enfants d’Afrique sourire tous ensemble,
Une jeune Afghane dans me bras, ça y est je suis père,
Tourne les voiles, tourne les yeux, tourne le soleil,
Il faut voter alors je ne vote pas !

Mon sexe est mort et puis aucun Tchétchène n’est candidat,
Aucune Musulmane voilée ne peut se présenter à la République Française,
Je ne comprends pas alors quand je ne comprends pas je passe pour un âne
Et puis je n’aime pas les carottes cela rend aimable

Je le suis déjà trop !  
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Publié dans poeteludo

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